Deux semaines de grimpe dans la forêt d’Albarracin

Encore une fois l’escalade nous a servi de boussole pour déterminer le voyage! Après avoir grimpé à Paris (Fontainebleau) pour se remettre au bloc en extérieur direction Albarracin, en Espagne: quelques cafés et 9h de route depuis Marseille, de nuit s’il vous plaît, et nous voilà sur un des spots de bloc les plus mythiques… Marc va nous servir de guide pendant tout le trip, très bon connaisseur du site pour y passer plusieurs semaines, voire mois, chaque année.

Quelques dizaines de km avant Albarracin les paysages ont un visage austère, émaciés par le vent et la sécheresse. La longue ligne droite de 10 km s’étend devant mes yeux fatigués par l’absence de sommeil: au bout commence à s’élever le plateau d’Albarracin, ses arbres et le bleu du ciel qui annonce l’ambiance du séjour. On est en mai et je croise les doigts pour que la météo ne soit pas trop chaude non plus. Je me rassure vite: Albarracin est à 1000 mètres d’altitude, aucune raison qu’il fasse 35° à l’ombre!

Un premier jour de bloc à Bezas

Arrivés dans la guest house vers 9h du matin on fait une petite sieste sur le crash pad pendant que l’hôte prépare la maison.

Une fois les affaires posées on repart en voiture direction Bezas, un secteur de Bloc à 30 minutes d’Albarracin qui se développe et a un gros potentiel. Sur place on se sens tous très fébriles: en cumul nous avons dû prendre quelque 2h de sommeil sur toute la nuit. Morgane ne se rend même pas compte qu’elle grimpe sans les crash pad en dessous! En bref la première séance a relevé plus du tourisme que de l’escalade! On rentre et on s’effondre dans le canapé, prêts à dormir sur place. Espérons que l’énergie va revenir!

Des projets pour tout le monde

Albarracin a un réservoir de blocs immense, avec quelques secteurs concentrant des dizaines de “perles” dans différents niveaux. Pour les grimpeurs de bloc en salle c’est un lieu parfait: à l’inverse de Fontainebleau où les préhensions et l’escalade technique est déroutante, le grès d’Albarracin est beaucoup plus “prisu”, déversant, athlétique. Voila qui tombe plutôt bien puisque Guiben et Morgane ne se sont quasiment jamais frotté à autre chose que de la résine!

Motivation!

Guiben dans un 6B au réta bien “mental”

Guiben commence le trip sur les chapeaux de roues, ultra motivé et partant pour tout ce qui lui tombe sous la main, l’appareil photo ou une ligne majeure! Sa préférence va plutôt pour les profils verticaux voir les dalles, sur lesquelles il navigue très bien! Il repartira avec en poche un beau 6c et plusieurs 6b, pas mal pour un premier trip de bloc en extérieur!

Morgane a besoin de quelques jours d’adaptation pour retrouver sa motivation et sa combativité naturelle. On sent directement que ce terrain lui parle plus que la grande voie! Certains blocs sont assez hauts et malgré la parade il est indéniable que ça peut faire flipper! Une bonne émulation commence à se former entre Guiben et elle! Après plusieurs jours à enchaîner les 6B/6C elle finit par mettre les mains dans plusieurs 7a. Son objectif était clair dès l’arrivée: repartir avec en poche au moins un 7A bloc. Elle jette son dévolu sur un 7A de Techos, quelques dizaines de mètres à gauche de “Zombie Nation”. La première session est très prometteuse: tous les mouvements passent, il ne reste plus qu’à les mettre bout à bout et à monter assez les pieds pour gérer les passages les plus morphos! Un jour de quasi-repos lui permet de revenir et de valider le bloc en deux petits essais! Ca sert à quelque chose le coaching!

Morgane dans son projet en 7A

Parfois les projets tombent, parfois c’est moi

Pour ma part j’essaye de gérer l’enchaînement des jours pour pouvoir réaliser des blocs durs jusqu’à la fin du trip, mais la peau s’épuise doucement et l’énergie avec! Un de mes projets (Cosmos, 8A) ne tombera pas malgré plusieurs sessions. D’autres méthodes que les miennes me sont parvenues pendant la dernière séance dessus, alors que je n’avais plus de force pour grand chose. Je suis par contre très content d’enchaîner “El Varanno” 8A, un menhir incliné à l’horizontale que l’on remonte à grand renfort de baffes et de serrage d’abdos.

L’apéro, bien sûr!

Albarracin est un petit monde qui tourne beaucoup autour de l’escalade. On s’ennuie finalement rarement en sortant au bar de grimpeurs “La Zahora”, qui se trouve sur la route qui mène à Terruel. Les bières y sont bonnes, les burgers très bons et les serveurs très sympas. C’est assez marrant de voir que les locaux qui grimpent se débrouillent pour bosser un peu partout: on retrouve parfois la même personne à l’épicerie, au bar et à la guest house! Le centre d’Albarracin est aussi plein de petits ou grands bars à tapas.

Fin du trip

Nous faisons la rencontre quelques jours avant la fin d’un petit groupe de parisiens très sympas avec qui on s’arrange pour grimper ensemble. Ils viennent d’arriver et ont plein d’énergie, à l’inverse de nous qui commençons à tirer la langue. On étire la dernière séance jusqu’à la dernière minute, Morgane voulant absolument finir d’enchaîner un 7a, qui heureusement ne passera pas: ça lui fera une occasion pour revenir! Les affaires mises dans le coffre nous repartons vers 17h, une longue route de nuit nous attend, d’autant que l’on cherche à éviter les péages trop chers! Lorsque nous arrivons dans les Bouches du Rhône le temps n’est pas à l’escalade: tout est pluie et brouillard! Il ne reste plus qu’à aller se faire une sieste !

Morgane s’essaye à la dalle