La directe du Baou Rouge (ou pourquoi partir en grande voie avec un guide)

Plusieurs années en arrière Marc n’était pas encore diplômé, n’avait pas une grande expérience de la grande voie mais beaucoup de rêves et de projets en escalade. Si les rêves sont toujours là le reste a bien changé. Il revient sur une de ses mésaventures dans les Calanques de Marseille avec un soupçon d’ironie pour cette expérience marquante et… un peu filppante!

« Départ place des Chartreux de Marseille à 5h30 du matin pour sauter dans le premier métro retrouver Pierre au rond point du Prado, monter dans le 21 jusqu’au terminus de Luminy et à 6h30 commencer à marcher, encore de nuit sous les étoiles direction le cirque du Devenson. Le but était de faire la directe du Baou rouge, dormir au refuge Azema à la Calanque de l’Oule et revenir faire la Coryphène le jour suivant, bref un bien ambitieux planning d’escalade.

7h00: col de la Candelle

Levé de soleil sur les falaise du Cap Canaille encore 20 minutes pour les col des Charbonniers, puis 20 minutes facile jusqu’au début des rappels d’état d’urgence, les pieds tremblent tous seuls pendant les deux rappels de 50m plein gaz à 200m au dessus de la mer.

Une première longueur au ras de l’eau

Nous voulions récupérer un demi litre d’eau de mer pour diluer l’eau des pâtes et accessoirement laver la casserole. Un beau pin d’Alep aurai fait l’affaire pour installer un rappel de plus pour accéder au bord de l’eau, mais Pierre, sûr de lui, préfère l’option désescalade pour se rapprocher de l’eau et fini par se faire surprendre par le ressac. Il se fait complètement immergé par une vague qui vient s’écraser contre la falaise en lavant la casserole à bout de bras, en mars ça réveille ! Une fois remonté, et remit de cette surprise rafraîchissante, il reste plus qu’à trouvé le départ de la voie.

« Allez en vrai elle part ou la voie!!? »

« J’y comprend rien on est ou la ? Ah la un piton ! Mouais… attend, fait voir le topo… trempé. Ok on va suivre ce dièdre la »

45minutes plus tard, satisfait de mon premier relais sur 1 piton et 3 câbles triangulés :

«  relais va chier !! »

Pierre me rejoins :

«  tu parles d’un 5sup toi 25 minutes a sortir ton dernier câblé la sérieux »

Il est maintenant 16h et encore il reste encore 7 longueurs d’escalade.

« Euh Pierrot, t’as prit une frontale toi ? »

« Ben non et toi ?»

« Ben non, bon on avance ou quoi ? »

La nuit tombe…

Trois longueurs après on arrive sur vire sableuse sous un mur surplombant de rondeurs chipeuses genre paroi des toits mais en neuf, il est bientôt 20h on y voit plus grand chose déjà il reste les trois longueurs les plus « dures » et c’est raide, faut protéger boarf… on va rester là non ? cette nuit va pas faire si froid dans les Calanques…

La pire nuit de toute ma vie, le short et T-shirt encore humide, les baskets trempées et une bouteille d’eau de mer des Calanques la belle affaire ! Toute la nourriture est restée en haut dans les sacs cachés sous un buisson. Le froid nous empêche de dormir pendant toute la nuit, malgré les 80m de cordes enroulés autour du corps en guise de sous vêtements maintenu par une deuxième couche de short, T-shirt humides. On a passé la majorité de la nuit actifs en lançant des cailloux dans la mer, à 150m de haut ça fait des jolis bruits…A 3h du matin nous arrêtons de jeter les rochers qui constituaient notre vire, elle était devenu bien petite la virette.

5h du matin

Les premiers rayons de lumière suffisants pour sortir de ce frigo on est repartis et les trois longueurs qui restent nous coûtent une heure en fait c’était des bacs, sommet du Devenson à 6h du matin direction le sac de bouffe et dans le duvet -5 pour regarder le lever de soleil et ronfler jusqu’à 15h avant de traverser la moitié des Calanques à pied pour rentrer en bus à Marseille city.

La leçon apprise de cette expérience dans les Calanques de Marseille est que pour s’engager dans grandes des voies il faut s’y préparer correctement. J’entends par là se former aux techniques de progression en grande voie et méthode de préparation matérielles. Certes les erreurs sont indispensables dans un apprentissage mais pas à n’importe quel prix. Mais malgré tout les apports théoriques que l’ont peut se procurer, rien ne vaut l’expérience réelle du terrain avec de vrai feed-back de professionnels avant de s’engager en autonomie dans une grande voie en terrain d’aventure.

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