Prends moi sec au dessus du lagon bleu est une grande voie atypique des Calanques de Marseille. Il s’agit d’une courte grande voie remontant le gouffre d’Aven, nommé “Porte de Rome” par les plongeurs qui l’ont découvert. Attention les yeux, c’est vraiment classe! Au vu des péripéties téléphoniques rencontrées lors de la première visite de l’itinéraire peu de photos sont disponibles. Pour vous faire une idée vous pouvez trouver des photos sur camptocamp ou, pour avoir la perspective des plongeurs, sur calanques13.com

Niveau

Ce bel itinéraire ne demande pas un grand niveau d’escalade: les difficultés culminent à 5b/c dans un style d’escalade relativement facile en lecture. Il n’y a que 4 longueurs, plus une longueur pour rejoindre le sentier de remontée… Bien encadré c’est largement faisable en première grande voie puisque les longueurs sont courtes et très bien équipées. La journée permet une très belle découverte des calanques de Marseille et de ses recoins sauvages et peu fréquentés. Il est aussi possible d’enchaîner “prend moi sec au dessus du lagon bleu” avec une des nombreuses autres voies que propose le Cancéou. La journée devient alors plus intense mais le parcours est magnifique.

Accès

L’accès est magnifique et fait partie de la beauté de la journée. Depuis le port de Morgiou on rejoint en trente minutes le col du renard puis en 20 minutes le sommet du Cancéou. Toute cette partie ne fait que monter, attention donc à partir tôt pour éviter la chaleur suffocante que peut réserver le lieu… De là on amorce la descente dans un vallon que l’on longe par la gauche. Une vire sur laquelle on s’encorde fait accéder à un rappel d’une vingtaine de mètres. Après ce rappel il suffit de longer la falaise vers la gauche (face au large) pour tomber sur le fameux gouffre. Une petite niche permet de poser ses affaires que l’on récupère à la remontée…

Commentaires

J’ai découvert l’itinéraire avec deux amies qui découvraient plus ou moins les Calanques de Marseille et la grande voie. C’est cette première sortie que je raconte ici puisqu’elle donna lieu à des péripéties intéressantes!

C’est très agréable de faire découvrir ces lieux connus, auxquels on s’est habitué et, par le truchement des regards émerveillés, ressentir à nouveau l’harmonie d’un paysage. J’ai refait l’itinéraire plusieurs fois avec des clients, toujours aussi émerveillés par l’approche et l’entrée dans le gouffre. Une fois sorti de ce dernier il est possible de continuer par une des autre grandes voies du Cancéou, comme “l’oubli” en 5c-6a. 

Approche

Après avoir bien transpiré sur la marche de montée nous attaquons la descente et rapidement avançons en corde tendue pour passer la petite vire. Premier rappel pour Delphine et Agathe, pas forcément très rassurées! Tout se passe bien, nous atteignons le départ du gouffre où sont déjà présents trois allemands. Pour l’instant on ne voit rien, simplement un gouffre noir d’une quinzaine de mètres de diamètre plongeant vers la mer. Les allemands tirent un rappel sur le relais d’arrivée de la voie, donc un relais non chaîné et passent en plus leur corde dans un seul point.. Je contourne légèrement le gouffre pour installer le rappel sur le relais prévu à cet effet et j’attaque la descente après avoir installé les descendeurs de mes partenaires. Une dizaine de mètres plus bas je pénètre dans l’obscurité.. qui se révèle bien lumineuse! En effet, 50 mètres sous mes pieds l’eau de la mer jaillit et fait resplendir sa lumière bleue dans tous le bas du gouffre. C’est un double puit de lumière qui nous permettra de grimper sans frontales… 

 

Dans le gouffre… un rappel coincé!

Une fois tous arrivés en bas je fait la remarque à l’autre cordée que leur rappel était… incertain. Ils reconnaissent n’avoir pas trouvé le relais de rappel. En leur disant ça je commence à tirer la corde pour la rappeler: rien ne vient. Habitué à ce que parfois la corde soit légèrement coincée j’alterne de fortes tirées et un fouettement de la corde pendant quelques minutes. Je m’arrête, transpirant: la corde ne vient pas, elle est bloquée.Il n’y a pas le choix je dois remonter dessus pour voir ce qui se passe. Shunt en place et reverso en autobloquant j’attaque la montée Dès que je peux je grimpe plutôt que de me pendre sur cette corde qui frotte forcément 50 mètres plus haut. Je gardais un mauvais souvenir d’un épisode de remontée sur corde à Majorque… Enfin arrivé en haut je constate que le noeud de jonction des deux cordes s’était complètement bloqué à cheval dans l’anneau de rappel: peu de chose au final mais assez pour se coincer Je redescend et nous attaquons l’escalade après avoir sauté dans l’eau turquoise du gouffre, encore très bonne à cette période de l’année.

Enfin de l’escalade

Toute l’escalade se passe à merveille, les longueurs sont faciles et bien équipées. On raconte des blagues, on se chambre, un bon moment en bref. Je prend de belles photos de cet endroit magique. Si seulement… J’arrive à l’avant dernier relais et saisis mon sac pour attraper mon téléphone et prendre à nouveau quelques photos. La poche latérale où se trouvait mon portable est béante. Je presse nerveusement mes poches avant, arrière, glisse une main dans le sac avec l’espoir d’y retrouver le téléphone: rien. Un regard vers bas du gouffre: je n’y vois rien non plus. “Eh merde! Je suis vraiment trop con!”. Agathe et Delphine essayent de voir elles aussi si elles aperçoivent le téléphone mais rien n’y fait. Le gouffre d’Aven a avalé mon téléphone et n’en recrachera rien.

Retour

C’est donc un peu dégouté et en tentant de relativiser que nous attaquons le retour, qu’il ne faut pas négliger. Une longueur en 4 permet de rejoindre le relais du rappel de 20 mètre fait à l’aller (Attention si on est large d’épaules ou de ventre: la longueur passe par un boyau très étroit, je suis passé tout juste!). Puis le même itinéraire est suivi jusqu’au retour. Après les péripéties de la journées je m’attendais à ne pas retrouver ma voiture mais si, elle nous attends bien sagement au port de Morgiou. Nous disons au revoir aux calanques de Marseille pour quelques jours tout en savourant le coup de barre classique qui suit les longues journées. Une petite bière de récupération s’impose!

L’équipe de Bureau Vertical vous fait découvrir les plus belles grandes voies de France!